Il y a des douleurs que l’on tait. Parce qu’elles ne se voient pas.
Il y a celles qui veulent un enfant et ne peuvent pas. Celles et ceux qui attendent. Celles et ceux qui ont perdu.
On parle peu de la non-maternité subie. On préfère le silence aux mots maladroits.
À ceux -là, ce texte est dédié.
Votre valeur ne se mesure pas à un ventre qui porte. Votre corps mérite aussi de la douceur. Votre peine a le droit d’exister.
Prendre soin de soi, ici, ce n’est pas oublier le désir.
C’est se tenir la main à soi-même.
Vous faites partie de cette communauté.
Sans condition.
Il y a quelques années, j’ai partagé des soirées entières avec une sœur de cœur qui rêvait d’un enfant.
Elle parlait de lui comme s’il existait déjà. Elle imaginait son rire. Elle choisissait parfois des prénoms en secret.
Mais les mois passaient. Et rien ne venait.
Je l’ai vue apprendre un vocabulaire qu’aucune femme ne souhaite maîtriser : stimulation, ponction, protocole, transfert.
Je l’ai vue piquer son ventre avec une force tremblante.
Je l’ai vue sourire aux autres, puis pleurer dans le silence de sa salle de bain.
Son compagnon la soutenait avec une douceur admirable. Il lui tenait la main dans les salles d’attente blanches. Il lui répétait : « On est ensemble. » Mais même à deux, certaines attentes sont solitaires.
Je n’ai pas vécu son parcours. Je n’ai pas connu ses injections ni ses montagnes russes hormonales. Mais j’ai été témoin de son courage.
Et cela m’a marquée à jamais.
C’est pour elle. Et pour toutes celles et ceux qui portent un enfant dans le cœur avant de pouvoir le porter dans les bras…
que j’écris ces mots aujourd’hui.
À celles et ceux qui portent un enfant dans le cœur
Il existe des silences que l’on ne voit pas. Des silences qui s’installent entre deux battements de cœur. Des silences qui s’étirent au fil des mois.
Il y a celles qui comptent les jours. Celles qui connaissent leur cycle mieux que leur propre respiration.
Celles qui espèrent. Celles qui prient sans le dire. Celles qui regardent les autres annoncer une grossesse avec un sourire qui tremble.
Et il y a celles qui traversent les couloirs blancs de la PMA. Les prises de sang à l’aube. Les hormones qui bouleversent le corps.
L’attente. Toujours l’attente. Le test que l’on retourne, le souffle suspendu.
Le cœur qui bat trop vite. Le regard qui cherche une deuxième ligne.
Et parfois… le vide.
Il y a celles qui ont connu la fausse couche et qui portent un deuil invisible. Un deuil que personne ne comprend vraiment. Parce qu’« il était encore petit ». Mais dans le cœur d’une mère, il était déjà immense.
La fertilité n’est pas qu’un fait biologique
On parle de statistiques. On parle de traitements. On parle d’ovocytes, de spermatozoïdes, de protocoles.
Mais on parle trop peu de la fatigue émotionnelle. Du couple qui vacille. Du corps qui devient terrain médical. De la femme qui ne se reconnaît plus. On parle trop peu de la solitude. Et puis il y a celles qui n’ont pas encore rencontré le partenaire.
Celles qui désirent un enfant mais pas « à n’importe quel prix ». Celles qui refusent de choisir l’urgence plutôt que l’amour.
Celles qui se demandent : Est-ce que j’attends trop ? Est-ce que je suis en retard ?
La société pose un calendrier. Le cœur, lui, n’en connaît aucun.
À toi qui rêves d’un enfant
Ton désir est noble. Il n’est ni caprice ni faiblesse. Il est une pulsation ancienne. Un appel du ventre. Un appel de l’âme.
Tu n’es pas « en retard ». Tu n’es pas « moins femme ». Tu n’es pas « incomplète ». Tu es entière. Même dans l’attente.
La maternité ne commence pas le jour d’un test positif. Elle commence dans le désir. Dans la capacité d’aimer quelqu’un qui n’est pas encore là.
Et celles qui traversent la PMA sont d’une force silencieuse. Une force que l’on ne célèbre pas assez.
Chaque injection. Chaque rendez-vous. Chaque espoir renouvelé malgré les déceptions. C’est du courage.
Le manque aussi est une histoire
Certaines n’auront peut-être pas d’enfant. Certaines le savent. Certaines le découvrent peu à peu. Et ce manque devient une pièce vide dans la maison du cœur. Mais même là… Il y a une lumière possible.
Parce que la maternité peut prendre d’autres formes. Être tante. Être marraine. Être éducatrice.Être celle qui transmet.
Être celle qui veille. L’amour ne se limite pas à la biologie.
Dans l’univers des Rituels de Mboumba
Nous honorons les mères. Mais nous honorons aussi celles qui attendent. Celles qui espèrent. Celles qui guérissent. Celles qui portent un enfant invisible. Parce que chaque femme est un temple, qu’elle enfante ou non.
Et ce temple mérite douceur.
Si ce soir ton cœur est lourd, si tu as pleuré en silence, si tu fais semblant d’être forte…
Sache ceci :
Tu es vue. Tu es digne. Tu es déjà assez.
Que la douceur devienne ta lumière.
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