Prendre soin de soi, c’est aussi apprendre à écouter les signaux discrets. La fatigue qui s’installe, l’irritabilité qui monte, le corps qui se tend sans raison apparente. Ce ne sont pas des faiblesses, ce sont des messages. Ils ne demandent pas qu’on les combatte, mais qu’on les entende.
On croit parfois qu’il faut aller mal pour s’arrêter. Comme si le repos devait se mériter par l’épuisement.
Mais attendre d’être à bout n’a jamais été une preuve de courage. C’est souvent un oubli de soi, lent et silencieux.
Prendre soin de soi, ce n’est pas tout arrêter. C’est ajuster. C’est choisir un rythme qui respecte ce que l’on est aujourd’hui, pas ce que l’on était hier, ni ce que l’on pense devoir être.
Cela peut être simple. Une pause sans justification. Un refus posé sans se sur-expliquer. Un geste répété chaque jour, presque banal, mais qui ancre. Une crème appliquée lentement.
Une respiration plus profonde. Un silence que l’on s’autorise enfin.
Et surtout, prendre soin de soi, ce n’est pas se détourner des autres. C’est rester disponible autrement.
Plus présente, plus ancrée, plus vraie. Car ce que l’on offre quand on est épuisée est rarement ce que l’on voudrait donner.
Se choisir, ce n’est pas s’isoler. C’est se préserver pour durer. C’est comprendre que l’on n’a pas à disparaître pour que tout tienne autour de soi.
Alors non, prendre soin de soi n’est pas égoïste. C’est un acte de responsabilité envers son corps, son esprit, et ceux qui nous entourent.
C’est honorer sa propre valeur, sans bruit, sans excès, sans culpabilité.
Et parfois, c’est simplement accepter ceci :
tu as le droit de ralentir, même quand rien ne t’y oblige.
On nous a appris à tenir. À faire passer les autres avant. À répondre présente, même épuisée.
Alors quand l’idée de prendre soin de soi apparaît, elle arrive souvent accompagnée de culpabilité. Comme si se choisir était un abandon.Comme si ralentir était un luxe.
Mais la vérité est simple : un corps épuisé ne peut pas porter longtemps. Un esprit saturé ne peut pas apaiser. Prendre soin de soi n’est pas un caprice. Ce n’est pas une récompense. C’est une base.
Un geste lent, une texture qui rassure, quelques minutes pour respirer, ce n’est pas fuir ses responsabilités.
C’est se donner les moyens de continuer avec douceur.
Ajouter un commentaire
Commentaires